La nourriture et moi, une longue histoire...

Publié le par Poulpy

Est-ce que la nourriture est encore un problème pour moi ? Je crois bien que oui, même si j’ai fait d’énormes progrès de ce coté.

Bébé, je finissais les biberons jusqu’à la dernière goutte et semblais n’en avoir jamais assez. Enfant, je mangeais trop, au restaurant, les portions « adulte » ne me faisaient pas peur. Toujours en haut des courbes, mais toujours dans la courbe cependant.

 

Jusqu’à mes 10 ans : j’ai pris 10kg pour un seul centimètre l’année de mes règles. Et je n’ai jamais rattrapé ce retard. Tous les ans, l’achat du lot de jeans pour l’année scolaire était un calvaire, chaque année on prenait la taille supérieure et on demandait des ourlets de plus en plus grands. Et tous les ans je mentais à ma mère et à la vendeuse en disant que non, non, je ne suis pas serrée, c’est bon. Pourtant, aucun souvenir de nourriture de cette époque, juste de ce corps trop gros. Le début des régimes aussi, avec une alimentation différente pour mon père et ma sœur, qui eux, n’avaient aucun souci.

 

Plus tard, je me souviens d’un régime en particulier, j’étais en première je crois, j’étais tombée à 63kg pour 1m55, c’était assez merveilleux malgré la faim en permanence.  Puis à nouveau 80kg après avoir passé le bac. Enchainement de périodes de privation et de relâche, entrecoupé de vols de nourriture, l’impression de décevoir ma mère quand elle le découvrait. Je me privais plus pour elle que pour moi à l’époque, je sentais que je devais « faire quelque chose » pour qu’on me fiche la paix.

 

Depuis quelques temps, j’apprends à réécouter mes sensations alimentaires. Ne pas me forcer à manger si je n’ai pas faim, ça a été ma première victoire, j’ai longtemps eu peur d’avoir faim, et le dogme du petit déjeuner était vraiment ancré dans ma cervelle. Je n’ai plus peur d’avoir physiquement faim, je sais que je peux y survivre. La prochaine étape, ça sera de découvrir le mythique seuil de satiété, le moment où on peut s’arrêter de manger. Pour l’instant, j’arrête quand l’assiette/le plat est vide même si parfois je « sens » que je peux cesser de manger, j’en suis incapable.

 

Et depuis un mois, je découvre les nausées, les dégouts, je deviens difficile. Moi qui avais un estomac à l’épreuve du feu, je me surprends à ne plus rien supporter, cette sensation permanente est assez horrible même si techniquement je n’ai vomi que 3 fois. Et perdu au final un seul kilo. Là, ça commence tout juste à se calmer, les odeurs sont toujours intenables, mais je n’ai plus besoin de courir au frigo dès le réveil pour calmer les spasmes. Avec mon légendaire optimisme, je me demande si c’est vraiment bon signe, c’est quand même un peu tôt. Mais il n’y aura aucune réponse avant le 2 janvier (première écho) alors autant en profiter pour les fêtes (en tout cas, dans la limite de ce que j’ai « le droit » de manger, à savoir ni charcuterie, ni foie gras, ni viande ou poisson mal cuit, ni fruits de mer, ni fromage au lait cru, ni restes…).

 

Tant que j’ai pas été étiquetée diabétique, ça me laisse encore tout le chocolat au lait et les buches glacées que je pourrai avaler, et c’est déjà pas si mal (mais j’aime pas trop le sucré) (non, j’ai pas attendu d’être enceinte pour être chiante).

Publié dans Poulpy dans sa tête

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Zizanie 19/12/2012 01:10


Cool pour la gynéco. C'est vrai que, parfois, j'oublie qu'il y a des médecins qui sont pas si mal. Faut dire aussi que c'est pas la majorité.

Zizanie 18/12/2012 15:06


Ton post, il me parle. Evidemment.



Je consulte - enfin j'ai consulté, enfin j'sais plus trop en ce moment, je suis dans une faille spatio-temporelle - une diététicienne. Entre autres parce que les sensations de faim et de satiété,
je connaissais pas. Elle est chouette, comme nana. Déjà, elle me hurle pas dessus quand je lui dit que j'essaye de passer au végétalisme (rien que mon végétarisme a fait bondir pas mal de monde),
et puis elle m'impose pas de normes, on trouve des solutions ensemble pour éviter à tout prix la frustration. Elle a assez vite compris que mon rapport à la bouffe était lié au fait que je ne
sache pas gérer mes émotions.


Et j'crois que j'ai réussi à réapprendre à écouter mon corps. C'est un pas énorme. J'arrive à savoir quand j'ai faim, un peu, beaucoup. J'arrive à adapter les quantités. A me rendre compte si ce
que j'ai mangé était trop ou pas assez, et à savoir comment rectifier le tir (prendre un en-cas, ou au contraire faire un repas plus léger pour le suivant).


Mais mes comportements alimentaires n'ont pas encore vraiment changé, et mon corps, je ne l'écoute pas souvent. Parce qu'il y a des réflèxes qui sont tellement ancrés, que c'est compliqué de les
modifier. Le chemin est encore long, j'crois.

De ce que j'ai compris, la pression normative médicale et sociale se fait encore plus forte sur les femmes enceintes (genre une copine anorexique qu'on a mettait tout le temps en garde par
rapport à sa prise de poids...). Alors te laisse pas dicter ta vie par des médecins qui croient tout savoir. T'es pas malade, t'es enceinte. C'est un truc qui existe depuis le début de l'humanité
(je suis pas anti-progrès, hein, juste que merde, ton corps, c'est lui qui sait comment faire, on ne peut que lui faciliter la vie, rien de plus).

(Putain, j'ai encore écrit un pavé. Désolée.)

Poulpy 18/12/2012 20:13



Bah écoute, j'avais peur de parler de mon envie de bébé à un quelconque médecin ou gynéco par peur de remarques sur mon poids justement. Et je crois que je suis tombée sur les bonnes personnes,
la gynéco ne m'a fait aucune remarque déplaisante (contrairement à une copine à qui on avait balancé qu'avec ce poids là, faut pas tomber enceinte enfin! et elle faisait dans les 20kg de moins
que moi) et quand je lui ai signalé, elle m'a juste dit qu'il faudrait éviter de prendre 20kg, sinon, rien à dire.


(et n'hésite pas à me gratifier d'autres pavés, j'adre la lecture ^_^)